QE - J. Jambon - les risques d'incendie en période de sécheresse 

Rédigé par Caroline Cassart, le 12/09/2017 à 15:42

Monsieur le Ministre,

Nous traversons actuellement une période de sécheresse. Et le feu de forêt qui s’est propagé au Portugal nous ramène à une triste réalité : le risque 0 n’existe pas ! Même pour la Belgique, un pays pourtant considéré comme humide.

Quand bien même (permettez-moi de toucher du bois), nous n’avons encore jamais connu de gros feu de forêt, il existe des zones à risque (même si elles sont moins étendues que celles des pays voisins) telles que la forêt de Soignes, le bois de la Cambre, les Ardennes,….

D’après plusieurs personnes de terrain, nos pompiers ne pourraient pas faire face à un gros feu de forêt. Premièrement, parce qu’ils n’en ont pas l’habitude. Deuxièmement, parce qu’ils ne sont pas assez équipés et troisièmement, parce qu’ils n’y sont pas formés.  Plusieurs autres problèmes sont également soulevés comme le manque de personnel mais aussi les conditions d’accès aux forêts belges.

Par ailleurs, il existe un protocole entre la Protection civile et la Défense pour le support aérien lorsqu’il faut éteindre un feu de forêt.

Monsieur le Ministre,

-      Avez-vous connaissance de ces problématiques ?

-      En 2016, Combien de militaires ont participé à un exercice de lutte contre les incendies de forêts et combien d’exercices de ce genre ont été organisés ?

-      Combien d’exercices de lutte contre les incendies de forêts sont prévus pour les militaires d’ici 2018 ?

-      Quid des pompiers ?

-      Le protocole qui existe entre la Protection civile et la Défense est-il suffisant pour pallier aux problèmes évoqués ci-dessus ?

 

Réponse de Jan Jambon à la question parlementaire n° 2365 de Madame CASSART-MAILLEUX Caroline

1.       La Direction générale Sécurité civile est sensibilisée aux feux de forêt depuis de nombreuses années et, en 2011, suite à deux incendies de grande ampleur dans les Hautes Fagnes et à Kalmthoutse Heide, dans la Province d’Anvers, des négociations ont débuté avec la Police fédérale et la Défense pour instaurer une collaboration avec ces deux institutions lors d’incendies de grande ampleur et bénéficier de leur appui aérien.

Il existait déjà un protocole cadre du 20 novembre 2009 relatif à la collaboration entre la Direction générale Sécurité civile et la Police fédérale, qui prévoit, entre autres, des possibilités de mise en commun de matériel et de personnel et de soutien mutuel et, le 1er juillet 2012, un protocole additionnel a été conclu concernant le soutien aérien.

Ce protocole reprend les procédures de déclenchement d’un tel soutien de la Direction d’appui aérien de la Police fédérale (DAFA) et les missions que ses hélicoptères peuvent réaliser dans le cadre de synergies avec les zones de secours et la Protection civile, lors d’incendies de grande ampleur : l’observation aérienne, le transport de matériel et de personnel, le contrôle d’éventuels foyers d’incendie et l’évacuation de personne.

Lors de l’entrée en action des hélicoptères de la Police fédérale pour lutter contre des incendies de grande ampleur, ceux-ci sont équipés d’un « Bambi bucket », acheté par la Direction générale Sécurité civile. Il s’agit d’un récipient souple, similaire à un énorme sac, qui est accroché à l’hélicoptère. D’une contenance de 1000 litres, le « Bambi bucket » peut être rempli d’eau par écopage dans un plan d’eau. Son contenu est ensuite déversé sur le foyer de l’incendie permettant d’enrayer l’extension de l’incendie, voir son extinction.

En juillet 2014, la Direction générale de la Sécurité civile a conclu un protocole avec le Ministère de la Défense concernant un support aérien dans la lutte contre les feux de forêts.

Actuellement, les hélicoptères NH-90 du « Search and Rescue » de Coxyde peuvent intervenir en soutien aux zones de secours et à la Protection civile pour des missions d’observation aérienne, de transport de matériel et de personnel et d’évacuation de personne.

Des exercices ont déjà été organisés pour ces hélicoptères dans ces domaines d’intervention.

Dernièrement, La Direction générale Sécurité civile a acquis un « Bambi bucket » compatible avec les hélicoptères NH-90.

Les prochaines étapes sont la formation des pilotes de la Défense à l’extinction aérienne, financée par la Direction générale Sécurité civile, le développement des procédures et exercices y  afférents et le développement des règles en matière de coordination du trafic aérien lorsque plusieurs appareils se trouvent au même moment dans l’espace aérien au-dessus d’une zone d’intervention.

 

2.       Comme mentionné au point précédent, la Défense a déjà organisé ses propres exercices pour des missions d’observation aérienne, de transport de matériel et de personnel et d’évacuation de personne avec ses hélicoptères NH-90.

3.       Prochainement, suite à l’achat par la Direction générale Sécurité civile d’un « Bambi bucket » pour ce type d’hélicoptère, vont débuter la formation des pilotes de la Défense à l’extinction aérienne, financée par la Direction générale Sécurité civile, et le développement des procédures et exercices y  afférents.

4.       Généralement, les zones de secours et les unités de la Protection civile disposent de leurs propres formations et exercices internes pour pouvoir faire face à des incendies de grande ampleur. Les zones de secours et les unités de la Protection civile concernées par d’éventuelles interventions en cas de feux de forêt consacrent notamment ces formations et exercices à la lutte contre ce type d’incendie.

Le Centre fédéral de connaissances pour la sécurité civile (KCCE), en collaboration avec des experts, élabore actuellement une procédure opérationnelle standardisée (POS) pour la lutte contre les incendies en milieu naturel. Dès que cette procédure sera validée, des formations en la matière, débouchant sur la délivrance d’une attestation, pourront être mises en place.

Le KCCE a aussi acquis des licences XVR pour les écoles du feu. Il s’agit d’une plateforme de formation en réalité virtuelle pour l’apprentissage et l'évaluation du personnel opérationnel des zones de secours qui peut servir pour enseigner les approches à développer lors de feux de forêt.

10 pompiers et 24 agents de la Protection civile ont suivi une formation en France concernant les procédures d’approvisionnement en eau ou retardant de bombardiers d’eau légers français qui peuvent intervenir en Belgique dans la lutte contre les feux de forêt (voir le point 5).

Les zones de secours susceptibles d’être les plus touchées par des feux de forêt sont équipées de véhicules adaptés à la lutte contre ce type d’incendie.

Cinq véhicules « feux de forêt » ont été livrés à ces zones de secours sur la base d’un marché passé par la Direction générale de la Sécurité civile entre janvier 2011 et janvier 2016.

Un nouveau marché portant sur l’acquisition de ce même genre de véhicules est en cours d’ouverture.

Certaines zones de secours ont également acquis des véhicules similaires sur fonds propres.

En 2011, la Direction générale Sécurité civile a aussi pris l’initiative de racheter à la Défense des véhicules tout terrain (UNIMOG) de très bonne qualité, à un prix raisonnable, transformables en un véhicule d’incendie utilisable en cas de feux de forêt, en y ajoutant l’équipement nécessaire (une citerne à eau, une installation avec pompe, le striping, la rampe lumineuse, …). Certaines zones de secours disposent de ce type de véhicules.

D’autre part, un marché a été ouvert pour l’acquisition de masques de fuite pour feux de forêts tels que ceux utilisés dans d’autres pays. Ce sont des appareils de protection respiratoires simples d’utilisation. De taille très compact, ils peuvent très bien être placé au niveau de la ceinture afin d’être accessible rapidement sans pour autant gêner le porteur dans son travail.

Enfin, les provinces de Liège et d’Anvers et les zones de secours susceptibles d’être les plus touchées par des feux de forêt ont des plans particuliers pour les interventions de lutte contre les feux de forêts et organisent périodiquement des exercices qui s’y rapportent.

Par ailleurs, comme mentionné au point 1, les zones de secours et la Protection civile peuvent bénéficier du soutien de la Police fédérale et de la Défense dans le cadre de la lutte contre les feux de forêt.

Enfin, en cas de feux de forêt, la Belgique peut bénéficier d’une aide internationale dans le cadre du mécanisme européen de protection civile pour coordonner l'aide apportée, par les États participants, aux victimes des catastrophes frappant l'Europe et le reste du monde, par exemple dans le cadre de la force d’intervention rapide FIRE 7 (composée des capacités de 7 pays, dont la Belgique est la 7ème membre depuis 2011).

5.       Comme mentionné dans les points précédents, les zones de secours et les unités de la Protection civile peuvent bénéficier d’un soutien aérien de la Défense en cas d’incendies de grande ampleur, mais aussi de celui de la Police fédérale et de l’aide internationale.

L’ensemble de ces dispositifs a déjà fonctionné efficacement ces dernières années et la formation programmée prochainement pour des pilotes de la Défense à l’extinction aérienne, financée par la Direction générale Sécurité civile, et le développement des procédures et exercices y afférents renforceront encore les dispositifs existants.