Ces dernières années, Liege Airport voit augmenter de manière substantielle la quantité de fret transporté. La pandémie a encore accentué ce succès, mais des riverains jusque-là non touchés par les désagréments de l’aéroport sont désormais impactés. Pour y faire face, 12 communes se sont rassemblées. Article paru dans la Meuse ce jour.

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En 2015, 650.000 tonnes de marchandises transitaient par l’aéroport de Liège ; en 2019, il y en avait 902.000. La pandémie a encore accentué la tendance puisqu’en juillet dernier, 93.000 tonnes y ont transité, ce qui fait + 28% par rapport à juillet 2019.

« Je suis bourgmestre depuis 4 ans et demi, et cela ne fait que quelques mois que je reçois des plaintes de riverains par rapport au survol des avions », explique Etienne Cartuyvels, bourgmestre de Faimes. « La situation a donc changé récemment, et même si nous ne voulons pas faire obstacle au développement économique, nous devons veiller au bien-être de nos habitants. »

« Avec ma collègue d’Ouffet Caroline Cassart, nous avons été interpellés sur le sujet, en tant que députés, par d’autres bourgmestres de la région », enchaîne Manu Douette, député-mayeur de Hannut. « Nous avons alors rassemblé une douzaine de bourgmestres de Huy-Waremme pour débattre de cela ensemble de manière constructive ». Les bourgmestres des communes de Braives, Burdinne, Crisnée (représenté), Donceel, Faimes, Fexhe, Hannut, Oreye, Saint-Georges, Verlaine et Villers-le-Bouillet se sont réunis et certains d’entre eux ont rencontré, la semaine dernière, Jean-Luc Crucke, ministre des aéroports, et Willy Borsus, ministre de l’Économie, pour exposer les doléances des habitants. « Il a été décidé, dans un premier temps, que chaque bourgmestre rassemble toutes les informations qu’il a réceptionnées. Une fois cela fait, nous travaillerons de concert aux solutions à proposer». Certaines sont coûteuses, comme le fait de construire la bretelle de délestage entre l’aéroport et l’autoroute vers Bruxelles. « Il faudra aussi réfléchir à l’utilisation d’avions moins chargés, moins bruyants, et dans des tranches horaires acceptables », avance Philippe Mordant, bourgmestre de Donceel. Les mayeurs ont notamment soulevé, auprès des ministres, la problématique environnementale : « il ne faut pas oublier le grenier à blé que constitue la Hesbaye, ni notre or bleu », poursuit Philippe Mordant. « Les particules fines, les retombées de kérosène, l’évacuation des eaux : tout doit être étudié scrupuleusement. » La première réunion s’est déroulée de manière « positive et constructive». Mais Donceel n’a pas pour autant retiré son recours contre le permis « Alibaba ».