Comme 169 autres communes en Wallonie, Ouffet ne diffuse pas son conseil communal. Caroline Cassart-Mailleux, sa bourgmestre, ne voit pas dans cette démarche une priorité. Interview publiée dans le Soir le 28 octobre dernier.

Députée wallonne, Caroline Cassart-Mailleux (MR) est aussi bourgmestre d’Ouffet depuis 2012. Dans cette commune d’un peu moins de 3.000 habitants au sud-ouest de la province de Liège, les conseils communaux ne sont pas diffusés mais la bourgmestre n’y est pas forcément opposée.

L’objectif premier d’une retransmission des conseils, c’est la transparence totale vis-à-vis des citoyens

Diffuser le conseil communal à Ouffet, c’est un sujet dont vous avez déjà discuté ?

Oui, on en a déjà discuté. Et au sein de la majorité, on n’est pas tout à fait unanime. En tant que bourgmestre, lorsqu’un dossier ne suscite pas l’unanimité, je le laisse souvent mûrir. Il faut que l’ensemble de l’équipe s’y retrouve et ce dossier va certainement évoluer sous cette législature. Je ne suis pas du tout fermée à l’idée de filmer les conseils communaux, mais j’ai différentes questions auxquelles je n’ai pas encore de réponse. Est-ce qu’on les filme en direct ou pas ? Est-ce qu’on laisse sur le site communal l’ensemble des conseils pendant un an afin que le citoyen puisse aller revérifier par après ? Est-ce qu’on les met sur Facebook ? Notre décision n’est donc pas encore arrêtée. Et puis, l’opposition avait également annoncé qu’elle retransmettrait les conseils, mais elle ne l’a fait que pour un ou deux et pour d’autres, ils ont coupé, ce qui m’ennuie fortement.

En quoi ces diffusions incomplètes vous posent problème ?

Avec les nouvelles technologies, on a la possibilité de faire ce qu’on veut, de couper comme on veut. L’objectif premier d’une retransmission des conseils, c’est la transparence totale vis-à-vis des citoyens. Si on commence à couper, on biaise totalement cette transparence. Si on veut enregistrer les conseils communaux, avoir un cadre me paraît indispensable.

Cela veut dire un encadrement au niveau régional ?

Je suis très attachée à l’autonomie communale et donc je pense qu’il faut laisser le choix aux communes de diffuser ou non le conseil. Parce qu’il y a des disparités très fortes d’une commune à l’autre. Ouffet, c’est une commune de moins de 3.000 habitants, on n’est pas la Ville de Liège qui a des infrastructures et des finances tout à fait différentes. Mais oui, il faut un cadre en disant : « Si on le filme, alors on le filme dans son entièreté. » Il faut des lignes directrices afin que ce soit fait en toute transparence.

Diffuser le conseil communal, même dans son entièreté, c’est aussi prendre le risque de favoriser la politique spectacle ?

Oui, parce que, notamment avec les réseaux sociaux, on en arrive très souvent à avoir cette politique spectacle. Je le vois au parlement wallon, où on a parfois des shows, des phrases un peu plus clivantes parce qu’ils savent qu’ils vont la couper pour la poster. Cela, ça m’ennuie un peu. Moi, ce qui m’intéresse au contraire, ce sont vraiment les dossiers de fond, de pouvoir échanger sur les dossiers et de pouvoir, en conseil, changer des éléments en fonction des échanges.

La question du coût de la retransmission revient également fréquemment parmi les arguments pour ne pas diffuser…

C’est vrai que cela demande un certain investissement si l’on veut que chaque conseiller soit filmé, que l’électeur puisse visionner le conseil avec une bonne qualité. Ou alors, on le fait avec un trépied, une petite caméra mais seules deux personnes sont filmées… Mais je pense que l’investissement, c’est une fois pour du très long terme donc ça ne me pose pas vraiment de souci. D’autant que l’information citoyenne est primordiale. Si ce n’est pas non plus la priorité des priorités, c’est parce que je sais que les gens qui sont un peu intéressés viennent aussi au conseil communal ou me contactent et ils obtiennent un rendez-vous dans les 24 heures. On a également instauré le quart d’heure des Ouffetois. Juste avant le début du conseil communal, les Ouffetois peuvent venir et nous poser les questions qu’ils souhaitent.

Vous avez beaucoup de citoyens qui réclament la diffusion des conseils ?

Jusqu’à maintenant, jamais. Mais c’est pour cela que je n’y réfléchis pas vraiment. Cela évoluera peut-être mais ce n’était pas vraiment une priorité de notre programme.