Alors que la qualité de l’eau est aujourd’hui jugée « excellente », les autorités pointent désormais l’alimentation locale, en particulier les œufs et légumes autoproduits, comme principale source d’exposition aux PFAS. Publié dans La Meuse Huy-Waremme.

La situation liée aux PFAS évolue à Nandrin et dans plusieurs communes wallonnes. Interpellé en commission par la députée wallonne Caroline Cassart (MR), le ministre de la Santé et de l’Environnement Yves Coppieters (Les Engagés) se veut rassurant sur un point : l’eau de distribution ne pose plus problème.
Depuis fin 2023, grâce à un renforcement des systèmes de filtration, les concentrations en PFAS sont désormais ramenées à 0 % dans les réseaux concernés. « La qualité de l’eau est excellente », a confirmé le ministre.
Si l’eau est sous contrôle, le principal facteur d’exposition se trouve désormais dans l’alimentation, et plus particulièrement dans les produits issus de circuits domestiques.Les résultats d’une étude menée par l’ISSeP sur 1.600 participants mettent en évidence plusieurs facteurs de surexposition : la consommation d’eau du robinet avant fin 2023 ; les œufs autoproduits ; les légumes cultivés dans des sols potentiellement contaminés ; l’âge et la durée de résidence.
« Le problème, aujourd’hui, c’est l’alimentation, qui représente 40 à 50 % de nos apports en PFAS », a insisté le ministre.
Des recommandations
Face à ce constat, les autorités appellent à adapter certaines habitudes alimentaires, surtout pour les particuliers qui consomment leur propre production.
Dans les zones les plus touchées, il est conseillé : de limiter, voire d’éviter la consommation d’œufs autoproduits ; de réduire la consommation de légumes issus de son propre jardin si le sol est contaminé.
Dans les zones moins exposées, la recommandation reste plus nuancée : éviter une consommation excessive et exclusive de produits
« Il ne faut pas manger uniquement ses œufs ou ses légumes du jardin. La clé, c’est la variété », résume Yves Coppieters. Une précaution d’autant plus importante que les PFAS sont des substances qui s’accumulent dans l’organisme et s’éliminent très lentement.
Une campagne d’analyses à venir
Pour mieux comprendre la contamination des œufs, encore mal expliquée à ce stade, le Gouvernement wallon a validé le lancement d’une campagne d’analyse à l’échelle régionale, qui devrait débuter cette année pour une durée de deux ans.
Des réunions d’information ont été organisées, notamment à Nandrin, afin de répondre aux inquiétudes des citoyens. D’autres sont prévues dans les communes concernées.
Pour Caroline Cassart, la transparence reste essentielle : « Il est important que la Région et les communes communiquent correctement sur les risques de surexposition », martèle-t-elle.
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