Les automobilistes wallons connaissent bien ces panneaux qui restent en place alors que le chantier est terminé. Depuis juin, la consigne a changé sur les routes régionales : fini la pédagogie, les infractions doivent désormais faire l’objet d’un p.-v. Paru dans La Meuse.

Travaux LDD.jpg

Une limitation de vitesse imposée pour des travaux alors que les ouvriers ont quitté les lieux, des panneaux qui restent installés après la fin d’un chantier… La situation peut agacer les automobilistes. Et elle est désormais dans le viseur de la Wallonie. Interrogé par la députée Caroline Cassart (MR) sur le maintien injustifié de la signalisation temporaire, le ministre wallon de la Sécurité routière François Desquesnes (Les Engagés) annonce en effet un changement de ton.

Une première étape avait été franchie en février dernier. Une information interne avait alors été transmise aux communes, aux garde-routes, aux agents du SPW Mobilité et Infrastructures présents sur le terrain ainsi qu’aux contrôleurs de chantier. L’objectif était notamment de renforcer la sensibilisation au respect des règles relatives à la signalisation de chantier.

Durant cette première phase, le choix était encore celui de la pédagogie : les différents intervenants étaient préalablement informés lorsqu’une infraction était constatée. Mais depuis juin, la consigne est nettement plus ferme. « L’instruction est d’appliquer une « tolérance zéro » et de dresser un p.-v. en cas d’infraction », indique François Desquesnes.

Seulement trois p.-v. spécifiques

Jusqu’ici, les sanctions spécifiquement liées à des panneaux laissés en place après la fin des travaux semblent toutefois avoir été rares sur les routes régionales.

Depuis 2024, 29 dossiers relatifs à des infractions concernant des travaux sur le domaine public régional ont été traités par les fonctionnaires sanctionnateurs : 11 en 2024, 13 en 2025 et cinq en 2026. Dix-huit ont débouché sur une amende administrative, pour un montant cumulé de 12.293 euros. Sept dossiers ont été classés sans suite et quatre sont toujours en cours de traitement.

Mais parmi ces 29 dossiers, seulement trois p.-v. concernaient spécifiquement le maintien injustifié d’une signalisation temporaire après la fin d’un chantier.

L’un, dressé par la police de la route, a débouché sur une amende administrative de 500 euros en 2024. Deux autres p.-v. ont été établis par la police domaniale. Le premier est encore en cours de traitement tandis que le second a été transmis au parquet. Celui-ci dispose de 60 jours pour décider s’il se saisit du dossier. Dans le cas contraire, il reviendra aux fonctionnaires sanctionnateurs.

Rupture

Attention toutefois à ne pas extrapoler ces chiffres à l’ensemble de la Wallonie. La police domaniale n’intervient ici que sur le domaine public régional routier. Et le ministre précise que son administration ne dispose pas d’un relevé régional permettant de connaître le nombre et le contenu des décisions prises par les fonctionnaires sanctionnateurs communaux.

La nouvelle politique de « tolérance zéro » devrait donc surtout marquer une rupture avec la phase de sensibilisation menée jusqu’ici : sur les routes régionales, lorsqu’une signalisation de chantier est maintenue de manière injustifiée, la consigne est désormais de verbaliser.◼